Administration
09 Juin 2026
Les Record Types (types d'enregistrement) permettent de faire cohabiter, sur un même objet, plusieurs processus métier distincts avec chacun ses propres valeurs de liste de sélection, son propre Page Layout et, potentiellement, son propre parcours de vente ou de support. C'est l'outil de référence pour éviter de créer des objets personnalisés redondants quand les données restent conceptuellement les mêmes.
Ce qu'un Record Type contrôle réellement
Un Record Type (Configuration > Générateur d'objets > [Objet] > Types d'enregistrement) pilote trois choses distinctes :
- Les valeurs de liste de sélection disponibles : chaque Record Type a son propre sous-ensemble de valeurs actives pour chaque champ picklist, via les « Record Type Picklist Value Sets ». Par exemple, un Record Type « Vente Directe » sur Opportunité peut exposer des étapes différentes d'un Record Type « Partenaire ».
- Le Page Layout assigné, en combinaison avec le profil de l'utilisateur — la fameuse matrice profil × type d'enregistrement.
- Le parcours associé (Path) pour les objets qui le supportent (Opportunité, Dossier, Lead), permettant un guidage visuel différent selon le processus.
Il ne contrôle en revanche ni la sécurité des champs (FLS), ni les règles de validation (qui restent globales à l'objet, sauf si vous les conditionnez explicitement avec RecordType.DeveloperName), ni le partage des enregistrements.
Cas d'usage typiques
- Compte : distinguer « Client », « Prospect », « Partenaire », « Fournisseur » avec des champs et parcours de qualification différents.
- Opportunité : séparer un cycle de vente « Nouvelle affaire » d'un cycle « Renouvellement », avec des étapes (StageName) et une probabilité différentes.
- Dossier (Case) : différencier « Réclamation », « Demande technique », « Question facturation », chacun avec ses propres champs obligatoires et son propre processus d'escalade.
- Objet personnalisé : gérer plusieurs sous-catégories d'un même concept métier sans multiplier les objets et donc les relations à maintenir.
Créer et assigner un Record Type
- Créez le Record Type depuis l'objet cible, en définissant son nom, son nom de développeur (API Name) — immuable une fois créé, à choisir avec soin — et sa description.
- Sélectionnez les valeurs de liste de sélection actives pour ce type, champ par champ.
- Assignez le Record Type aux profils qui doivent pouvoir l'utiliser, avec un Page Layout dédié par profil si nécessaire.
- Définissez si ce type est « Par défaut » pour chaque profil autorisé : un utilisateur multi-types verra un choix proposé à la création d'un nouvel enregistrement.
Utiliser le Record Type dans vos automatisations
Le champ technique RecordTypeId (ou RecordType.DeveloperName en formule/SOQL) est disponible partout : règles de validation, Flows, rapports. Exemple de condition dans un Flow pour ne déclencher une action que sur les dossiers de type « Réclamation » :
{!$Record.RecordType.DeveloperName} = "Reclamation"
C'est une pratique bien plus robuste que de filtrer sur le libellé affiché (traduisible et modifiable), toujours privilégier le DeveloperName dans la logique technique.
Piège classique : renommer le libellé d'un Record Type est possible et sans risque, mais son API Name ne peut jamais être modifié après création. Anticipez une convention de nommage technique stable dès le départ, même si le libellé visible évolue par la suite.
Quand ne pas utiliser un Record Type
Les Record Types ne sont pas toujours la bonne solution :
- Si les processus sont trop divergents (champs quasiment tous différents, relations différentes), un objet personnalisé séparé est souvent plus lisible et plus performant à maintenir qu'un Record Type qui masque artificiellement des champs non pertinents.
- Pour une simple catégorisation sans impact sur le parcours ni les valeurs de liste, un champ picklist classique suffit et évite la complexité de la matrice profil/layout.
- Salesforce limite le nombre de Record Types par objet (généralement autour de 50 selon l'édition) : au-delà de quelques types actifs et pertinents, la maintenance devient vite lourde.
Bien dimensionnés, les Record Types offrent une flexibilité précieuse pour faire évoluer vos processus métier sans multiplier les objets ; mal dimensionnés, ils deviennent une matrice de configuration difficile à auditer.
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