Ingestion Data Cloud vs Salesforce Connect : quelle approche choisir ?

Face à une source de données externe, deux approches s'opposent souvent dans les décisions d'architecture Salesforce : ingérer la donnée dans Data Cloud (ou directement dans l'org via un connecteur), ou la laisser dans son système d'origine et y accéder à la volée via Salesforce Connect (données virtuelles, OData ou adaptateur personnalisé). Ce choix a des conséquences durables sur la performance, la fraîcheur et la complexité opérationnelle du système. Voici comment trancher.

Rappel du fonctionnement de Salesforce Connect

Salesforce Connect expose des données externes sous forme d'External Objects, consultables et parfois modifiables depuis l'interface Salesforce comme s'il s'agissait d'objets natifs, mais sans qu'aucune copie ne soit stockée dans l'org. Chaque affichage d'un enregistrement déclenche un appel en temps réel vers le système source, via un adaptateur :

La donnée n'est jamais répliquée : elle est lue "live" à chaque consultation, ce qui garantit une fraîcheur parfaite mais dépend entièrement de la disponibilité et de la performance du système distant.

Ingestion : répliquer la donnée

À l'inverse, l'ingestion (via Ingestion API, Bulk API, connecteurs batch ou CDC) copie physiquement la donnée dans Data Cloud (DLO puis DMO) ou dans l'org Salesforce. La donnée devient une réplique, potentiellement transformée, indépendante de la disponibilité instantanée du système source au moment de la consultation.

Comparatif technique point par point

Cas d'usage typiques pour chaque approche

Privilégier Salesforce Connect quand :

Privilégier l'ingestion quand :

Ces deux approches ne sont pas mutuellement exclusives : il est courant d'ingérer les données de référence à forte valeur analytique (clients, commandes) tout en gardant en Salesforce Connect des données volumineuses à faible fréquence de consultation (historiques de logs, archives documentaires).

Un point d'architecture souvent négligé : la gouvernance

Au-delà des critères techniques, le choix a un impact sur la gouvernance des données : une donnée ingérée devient une copie à maintenir en cohérence avec la source (risque de désynchronisation), tandis qu'une donnée en Salesforce Connect reste sous l'entière responsabilité du système propriétaire, sans duplication de la responsabilité de qualité. Pour des données à caractère personnel soumises au RGPD, cette distinction compte également : une donnée ingérée nécessite sa propre politique de rétention et de suppression dans Data Cloud, distincte de celle du système source.

Le bon réflexe consiste à évaluer, pour chaque source, le besoin réel d'activation marketing et de fraîcheur avant de décider — et à ne pas ingérer par défaut une donnée qui pourrait rester virtuelle sans perte de valeur métier.

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